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Notre Dame de Popenguine

Des milliers de chrétiens viennent de célébrer à Popenguine (Sénégal) le jubilé du 125è pèlerinage à la Vierge Noire. 5000 jeunes catholiques de la capitale y sont arrivés après une marche de 52 Km. Un événement auquel ont aussi participé des fidèles musulmans, signe des bons rapports entre les deux communautés religieuses.

C’est un chaud dimanche africain, fin mai. Les habitants de ce petit village au bord de l’océan Atlantique, à environ 60 km de Dakar, attendent. A l’improviste, une explosion de cris rompt le silence: après avoir marché à pied sur 52 km, plus de cinq mille jeunes catholiques provenant de tout le Sénégal avancent triomphalement, en oubliant la fatigue, vers la terre promise. Joyeux, ils baisent le sol de la place devant l’église Notre-Dame de la Délivrance de Popenguine, puis ils avancent vers le sanctuaire de la Vierge Noire.

Ils ont commencé cette marche lorsque le soleil venait de lancer ses premiers rayons pour éclairer le ciel de Cap des Biches, la localité à quelques kilomètres de Dakar, où des groupes de différentes paroisses du pays se retrouvent chaque année pour passer une soirée de recueillement et de prière avant de commencer, le lendemain, la marche. «C’est difficile, mais nous sommes nombreux et à nous donner la force, en plus du fait d’être ensemble, c’est notre foi!» crie Colette Sagna, 42 ans, en avancant dans le groupe de Ziguinchor, la capitale de la région sud de la Casamance. «Pour le voyage et l’organisation, nous avons dépensé chacun 15.000 FCFA (€ 23, ndlr). Ce n’est pas une petite chose, mais nous le faisons pour la Vierge Marie. Colette est parmi les «âgés» à cette marche et c’est sa première expérience.

Mais la plupart des autres sont des vétérans: «C’est la sixième année que je participe, mais j’ai des amis qui font cela depuis que j’étais petite, dit Sophie Dia, 25 ans, de la paroisse de l’Immaculée Parcelles Assainies (MIPA) dans la banlieue de Dakar, fondée et dirigée par les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Selon ce qu’affirme le président du comité organisateur de la MIPA, Nando Cabral Gomis, c’est la paroisse la mieux organisée et la plus nombreuse. «Nous nous rencontrons tout au long de l’année pour préparer la marche et les activités d’autofinancement. Nous avons commencé avec une centaine de membres, il y a quelques années. Aujourd’hui, nous sommes près de six cents. Ce qui me plaît davantage c’est que cette fois-ci les garçons ont privilégié l’aspect religieux beaucoup plus que le folklorique: je vois, cette fois, beaucoup plus de chapelets que de trompettes» dit-il.

La Vierge Noire

De village en village, un kilomètre après l’autre, les jeunes défilent avec ferveur, alternant chants de louange à Marie et à Jésus, dans la prière et avec des danses traditionnelles, tandis que les habitants des villages, souvent musulmans, les regardent un peu incrédules ou en partagent leur joie. Même la minorité chrétienne sénégalaise a, en fait, son pèlerinage, à sa Vierge Noire. En 1887, l’évêque Mathurin Picarda, enchanté par la beauté de l’endroit, fonda le sanctuaire en s’inspirant de celui de Notre-Dame de la Délivrance, en Normandie. Quatre cents ans après la première pénétration chrétienne dans la Petite Côte, au cœur d’une zone où les navires venaient se remplir d’esclaves destinés au Nouveau Monde, le prêtre français, l’année suivante, décida d’organiser le premier pèlerinage chrétien, auquel participèrent des fidèles qui arrivèrent sur des charriots, à pied ou en canot.

Depuis 1981, au pèlerinage s’est ajouté la marche, à l’initiative de Pierre Faye, ancien commandant de l’armée sénégalaise. Bien que la Vierge Marie ne soit jamais apparu, le lieu du culte (y compris la grotte construite sur le modèle de celle de Lourdes) a été légitimé par la visite du pape Jean-Paul II en 1992, qui donna à la modeste église le titre de Basilique mineure. Depuis l25 ans, à l’occasion de la fête de la Pentecôte, arrivent à Popenguine, pas seulement les Catholiques des sept diocèses du Sénégal, mais également des fidèles de la Gambie, de la Guinée et du Mali. C’est un rendez-vous auquel participent aussi de nombreux groupes des Scouts et des fidèles musulmans.

«En matière de coexistence fraternelle entre croyants de religions différentes, je suis toujours très ému et ravi de saluer les dirigeants et les membres des délégations musulmanes qui nous honorent de leur présence dans ce pèlerinage de Popenguine», a déclaré le cardinal Theodore Adrien Sarr, lors de la cérémonie officielle. A l’organisation de cette manifestation de foi, collaborent aussi plusieurs musulmans, et cela manifeste les bonnes relations entre la grande majorité de la population de confession islamique et la minorité chrétienne, dans un pays où l’Etat aussi favorise ce climat de paix. «Le gouvernement a contribué financièrement et a assuré l’ordre. Les médias qui nous suivent et les sponsors qui nous soutiennent sont dirigés par des musulmans», explique Séraphin Diedhiou, responsable de Cicomap, le comité organisateur de la marche pour la région de Dakar.

Dialogue

Au Sénégal, ce sont les bonnes relations entre les deux communautés qui assurent la publicité pour l’événement. «Je participe à la marche parce que je veux mieux connaître la communauté chrétienne, c’est important pour la région», affirme Moussa Sy, maire de Parcelles Assaines, qui a donné des képis et des tricots de la marche aux jeunes du Mipa. Amadou Sy: «J’ai beaucoup d’amis chrétiens, et depuis longtemps je désirais participer», dit-il, dans son pagne - porté aussi par tous les autres pèlerins - avec l’image de la Vierge. Par ailleurs, Marie est vénérée aussi dans l’Islam. Harouna Drame est un vendeur de porte-photos en lin qu’il a conçu spécifiquement pour le pèlerinage: «Je viens de Dakar, c’est la première année que je viens pour faire du business. Les autres fois, je suis venu comme pèlerin, et je n’étais pas le seul musulman. Mariam est bénie aussi dans le Coran».

Un témoignage de l’harmonie entre musulmans et chrétiens est donné aussi par Ibrahima Ndiaye, fils du chef du village de Toubab Dialao, l’endroit où les marcheurs s’arrêtent chaque année pour déjeuner. Nous sommes des musulmans et eux, des catholiques, mais nous sommes heureux d’ouvrir nos maisons pour les accueillir», dit-il. «Je vis ici et je vends des statues de Marie et de Jésus faites par mon mari. Non seulement nous n’avons jamais eu de problèmes avec les musulmans du village, qui sont la grande majorité, mais nous vivons ensemble», ajoute Claire Gueye, chrétienne de Popenguine. L’endroit est aussi le village natal de feu le Cardinal Hyacinthe Thiandoum, qui avait dans sa famille des parents musulmans. Eux aussi donc, membres de cette même communauté qui envoie ses enfants à encourager les jeunes chrétiens durant la marche, avec des messages écrits sur des tableaux noirs comme: «Merci, Marie!» «Bon pèlerinage à vous, chrétiens ! ».

Luciana De Michele, Dakar

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-Dans cette prison modèle, dit l'officier à un nouveau prisonnier, tous les détenus peuvent continuer à exercer leur propre travail. Que faisiez-vous avant?

-Hum... On m'apppelait 'pickpocket'!

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On sait peu de la vie de ce prêtre, polémiste et exégète. Il était à Alexandrie avant 640 et plus tard, entre 678 et 689, au temps du Patriarche monophysite Jean III.

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Le Frère Toni Piasini est un missionnaire italien arrivé en République Démocratique du Congo en 1970. Au cours ses premières années il a travaillé au Diocèse d’Isiro-Nyangara ; mais pendant les dernières 22 années il poursuit son travail missionnaire au Diocèse de Bondo, au nord du pays, à la frontière avec la République Centrafricaine.

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